Portrait de Philippe Homère

Terrain connu… terre inconnue…

De la sincérité dans la création

Rechercher la création dans les objets utilitaires est ma priorité.

Je me dois de prendre des risques avec des éléments que je connais, comme les émaux et les formes. Pour moi, il n’y a pas d’art mineur, du moment qu’une recherche sincère est à la base du travail.

Entre risque et sécurité

Pour qu’il y ait du « vent dans les voiles », de l’inspiration, l’innovation et la sécurité doivent s’équilibrer. Ne pas s’endormir, s’ennuyer… Oser s’aventurer en « terre inconnue », accepter de se perdre momentanément, sans être non plus « risque-tout ».

Insister, être tenace et opiniâtre, ne pas s’éparpiller et revenir aux bols, théières, coupes, vases… déjà de quoi explorer… Cependant, une « simple » théière qui verse bien recèle bien plus de savoir-faire qu’il n’y paraît.

Le feu, ce révélateur implacable

Le four avale le fruit de mon travail et recrache, quand tout va bien, un noyau, promesse de nouvelles possibilités. Là, il s’agit de choisir et d’aller de l’avant en laissant derrière moi beaucoup de projets éphémères. Pour récolter une « pièce merveille », il vaut mieux accepter d’élaguer.

L’atelier – une ascèse

La fièvre de la création est le cadeau dans ce parcours de céramiste où le reste du temps est consacré à l’humble maintenance du lieu et des matières premières. La présence à l’atelier est une forme d’ascèse, jour après jour, année après année, comme le paysan s’occupant de ses vaches.

…et parfois, la perle rare !

Le feu de paille n’est pas la bonne mesure, la maturation a son propre rythme qui est profond, presque hors du temps. Créer plus vite n’a pas de sens mais créer inlassablement et découvrir la perle rare, oui.